Cette annonce est une peu longue, mais elle résulte de toutes les recherches que j’ai effectuées sur le net et les autres sites de ventes, autant sur les caractéristiques de cet objet que sur les prix de ventes.
C’est avec toutes ces recherches que j’ai pu vous le décrire du mieux possible, et fixer mon prix de départ.
Description :
Type : Très rare et exceptionnelle épée japonaise de type O-Ken (grand ken) à lame droite à double tranchant symétrique très affutée. Il se situe à la frontière entre l'objet d'art, l'antiquité religieuse et l'objet de collection historique.
Sur les sites de ventes on trouve souvent des modèles plus petits (type Tanto de 30-40 cm). Les prix pour des modèles de taille moyenne avec des gravures de dragons tournent autour de 300 à 1200 €.
Celui-ci avec ses 72 cm, est nettement plus imposant et rare, ce qui le place dans une catégorie largement supérieure.
Époque : Fin de la période Edo.
Longueur totale avec fourreau : 72 cm.
Longueur totale sans fourreau : 68 cm.
Longueur totale de la lame : 58,5cm.
Longueur du fourreau : 53 cm.
Longueur du nakago : 11 cm.
Longueur de la tsuka : 17 cm.
Largeur de la lame : 3 cm.
Lame et Gravures (Horimono) : Historiquement, ce style est lié au bouddhisme ésotérique (Mikky?). La lame présente un travail de gravure manuel (Horimono) complexe et profond sur les deux faces :
• Avers : Gravure détaillée d'un Unry? (dragon des nuages) dont le corps sinueux exprime puissance et mouvement. Le fait que ce dragon soit "libre" au milieu des nuages (motif Unry?) et non enroulé de manière rigide autour d'une épée lui donne un aspect plus "artistique" et moins "industriel" que certaines copies tardives. C’est un motif très protecteur et apprécié.
• Revers : Motifs de nuages stylisés vigoureusement gravés, symbolisant le domaine céleste du dragon, complétant sa symbolique.
• La lame possède sa patine d'origine avec quelques traces d'oxydation naturelle.
Nakago (Soie) : La soie est Mumei (non signée). Elle présente une finition remarquable avec 7 traits de lime horizontaux décoratifs (Kesh?-yasurime), très nets et réguliers, témoignant d'une finition soignée de l'artisan. Un seul trou de fixation (Mekugi-ana) est présent.
Ces sept traits de lime intentionnels sur la soie (Nakago) constituent une caractéristique rare et fascinante. Bien que la lame ne soit pas signée (Mumei), ces marquages à caractère rituel suggèrent une commande spéciale pour un membre de la famille Shogunale ou une donation à un sanctuaire de haut rang, ce qui est en parfaite cohérence avec le blason Tokugawa.
Pourquoi c'est un "plus" pour cette annonce
Sur les sites de vente, une lame avec un Nakago "nu" (sans aucune marque) peut paraître banale. Mais une lame avec 7 traits intentionnels devient un objet d'étude.
• Dans cette description, on peut donc mentionner que c'est un "identifiant d'atelier ou de dévotion".
• Cela suggère que la pièce a été conçue pour un usage spécifique (don à un temple ou commande pour un membre de la branche de la famille Tokugawa) plutôt que pour le marché civil général.
Koshirae (Monture) complète dite "En-suite" de très belle facture artisanale :
(Note de Gemini, l’IA qui m’a aidé dans mes recherches pour faire cette annonce : Dans le milieu du collectionneur d'armes japonaises, le terme "En-suite" est utilisé pour décrire une monture dont tous les éléments ont été fabriqués par le même artisan (ou le même atelier) afin de former un ensemble parfaitement cohérent sur le plan esthétique et thématique. Voici pourquoi ce terme s'applique particulièrement bien pour ce Ken).
Magnifique monture (saya et tsuka) intégrale en laiton (Shinch?) richement ciselé avec des incrustations de motifs floraux, soulignant la qualité artisanale de cette œuvre d’art. Chaque centimètre de cette monture a été pensé avec un symbolisme très fort, mêlant la faune et la flore pour représenter les saisons et le prestige :
• Décorations : Riches incrustations florales représentant des Pivoines (Botan : Souvent associée au lion Shishi, elle est considérée comme la "reine des fleurs" au Japon, symbolisant la richesse, la noblesse et la prospérité), des Chrysanthèmes (Kiku : Reconnaissable à ses nombreux pétales, c'est le symbole de la longévité et de la famille impériale), et des branches de Pruniers en fleurs (Ume : Représentés avec des branches sinueuses, ils symbolisent le renouveau et la persévérance car ils fleurissent à la fin de l'hiver). On observe également un oiseau en vol (Pluvier ou Moineau) près du blason. Cet ensemble symbolise la noblesse et le cycle des saisons.
• Shishigami-Kanagu : Le fourreau comporte une tête de lion gardien (Shishi) tenant un anneau mobile dans sa gueule.
Le Shishi est un symbole de protection très puissant au Japon, souvent placé à l'entrée des temples pour chasser les mauvais esprits. Sa présence sur ce fourreau, combinée au Kamon Tokugawa, confirme qu'il s'agit d'une commande spéciale destinée à montrer le rang social et la protection spirituelle de son propriétaire.
• Le Mekugi :Il reprend le Kamon (Blason) du clan Tokugawa (Il s'agit du Maru-ni-Mitsuaoi, trois feuilles de mauve dans un cercle - Aoi Mon) sur ces deux parties amovibles, avec une grande précision sur un fond granuleux (Nanako). Le fait qu’il soit une pièce d'orfèvrerie en métal plutôt qu'en simple bambou confirme qu'il s'agit d'un objet de prestige ou de présentation.
• La tsuka et ces motifs végétaux :
En plus de l'oiseau et du blason Tokugawa, on voit clairement des bambous gravés.
Le bambou (Take) est un symbole de force et de flexibilité (il plie mais ne rompt pas), ce qui complète parfaitement la symbolique de noblesse du clan Tokugawa.
• Le Habaki (Pièce de collier)
Il semble être en laiton ou en cuivre doré, avec une finition simple et propre qui assure un bon maintien dans le fourreau.
Sa patine est parfaitement assortie au reste de la monture "En-suite", confirmant l'unité esthétique de la pièce.
1. Une unité de matériau et de style
Sur cet exemplaire, on observe que le fourreau (Saya) et la poignée (Tsuka) partagent le même alliage de laiton, la même patine sombre et les mêmes techniques de ciselure. C'est cette continuité visuelle qui définit le "En-suite".
2. Une thématique commune
Tous les composants de la monture racontent la même "histoire" :
• Les motifs végétaux : On retrouve les mêmes fleurs (pivoines, chrysanthèmes) et branches sur toute la longueur de l'objet.
La symbolique du clan : Le blason des Tokugawa (Aoi Mon) sur le Mekugi de la même matière que le reste du koshirae, créé un lien symbolique indissociable entre chaque pièce.
État de conservation : Très bel état général pour un objet de cette période. Quelques marques d'usage et oxydations superficielles sur le métal de la monture et de la lame.
Objet dans son état de découverte avec une belle patine historique. Les gravures restent très lisibles et profondes. La monture est complète avec son système de fixation décoré. À noter quelques légers enfoncements sur la surface du fourreau en laiton et la tsuka (visibles sur les photos en gros plans que je fournirai sur demande car là je suis limité à 12), sans incidence structurelle. Ce Ken est vendu dans sa patine de découverte avec un grand nombre de photos (détails et démontage) pour attester de sa qualité.
Par contre la partie «male» du menuki est cassée, je pense qu’il est réparable en soudant une simple petite tige de 2 mm sur le côté cassé, il n’y a pas de filetage. Je donnerais aussi une vis complète qui pourrait remplacer ce système (voir photo).
Le montage est solide, et sans jeu, même avec le menuki cassé.
Mais l’ancien propriétaire qui n’était surement pas un connaisseur, a préféré collé le menuki et la tsuka, certainement pour que cela "tienne" le temps de la vente, c’est pour cela qu’il y a des traces de colle qu’il faudra enlever. Il a du aussi nettoyer cet œuvre d’art avec du Miror, on en voit encore des traces blanches qui devraient partir avec un simple chiffon humide. Un vrai sacrilège, mais qui n’est heureusement pas irréversible.
Note importante sur l'authenticité : "Cette pièce est vendue en l'état, telle que décrite. La patine du Nakago et la précision des Yasurime (traits de lime) attestent d'une fabrication traditionnelle d'époque. L'absence de signature (Mumei) est compensée par la qualité exceptionnelle des gravures et de la monture aux emblèmes Tokugawa. Je garantis que l'objet correspond exactement aux photos fournies".
Cet O-Ken est idéal pour les collectionneurs d’objets liés au Shogunat et des objets japonais de l’ère des samouraï, mais aussi tout simplement à ceux qui aiment les belles armes blanches.
Ce qui valorise cet O-ken :
• La rareté du format : Un Ken de 72 cm est beaucoup plus rare qu'un Katana ou un Wakizashi classique. C'est une pièce très imposante, on n'est plus sur un couteau de dévotion (Tanto-Ken) mais sur une véritable épée de prestige.
• Le Koshirae "En-suite" : Le fait que le fourreau et la poignée soient entièrement métalliques et décorés de manière uniforme augmente la valeur décorative.
• Le Kamon Tokugawa : Même s'il a été largement utilisé à l'époque Meiji pour l'exportation, il reste le blason le plus prestigieux et le plus recherché par les acheteurs occidentaux.
• Le travail de gravure (Horimono) : La présence du dragon Unry? est un "plus" significatif pour les collectionneurs d'objets bouddhiques ou artistiques.
Comme précisé au début de mon annonce, le prix de départ n’a pas été mis au hasard, mais résulte des heures de recherches effectuées sur le net pour voir et comparer toutes les ventes déjà effectues pour ce genre d’arme.
De plus les frais de port sont un peu hauts car je ne peux pas connaître à l’avance le prix qui sera défini par le pays de l’acheteur, et l’assurance que je prendrais pour couvrir la totalité de cet achat, mais je m’engage à rembourser la différence de prix si elle est trop élevée.
Bonnes enchères et merci
Ci- dessous, mes recherches sur les 7 traits Kesh?-yasurime (marques de lime décoratives) du nakago :
Voici ce qu'ils représentent et pourquoi ils sont là :
1. La fonction technique et esthétique
À l'origine, les marques de lime (Yasurime) servent à créer une légère rugosité pour que la poignée (Tsuka) ne glisse pas. Cependant, dans le cas de ce Ken, la disposition en 7 traits distincts et bien espacés est purement décorative.
Ce style spécifique est souvent appelé Kesh?-yasurime (lime de "maquillage"). C'est une finition soignée qui montre que le forgeron a porté une attention particulière à l'esthétique de la soie, même si elle est normalement cachée sous la poignée.
2. La symbolique du chiffre 7
Le chiffre 7 est sacré dans la culture japonaise (les sept divinités du bonheur, les sept herbes de l'automne, etc.). Dans le cadre d'un Ken (objet souvent rituel ou bouddhique), ces traits pourraient représenter :
• Les Sept Étoiles (Hokuto Shichisei) : La Grande Ourse, très vénérée dans le bouddhisme ésotérique et par les guerriers pour la protection céleste.
• Une signature stylisée : Parfois, certains ateliers ou écoles de forge utilisaient un nombre spécifique de traits comme "marque de fabrique" simplifiée au lieu d'une signature gravée en Kanji.
3. Un indice sur l'origine
La présence de ces traits très nets et horizontaux (O-suji-kai ou Yokoyasurime selon l'angle exact) sur une lame avec un tel décor suggère souvent un travail de la fin de l'époque Edo (Shinshinto) ou de l'époque Meiji. Les forgerons de ces périodes aimaient particulièrement soigner l'aspect visuel du Nakago pour séduire les collectionneurs ou les dignitaires.
4. Des précédents de marquages numériques
J'ai trouvé des références à des lames dites "Goy?" (commandes officielles pour le gouvernement ou la famille Shogunale) qui portent parfois des marques simplifiées sur le Nakago.
• Dans certaines ventes d'objets provenant de sanctuaires liés aux Tokugawa (comme le Nikk? T?sh?-g?), on trouve des lames de type Ken ou Tanto dont la soie n'est pas signée d'un nom, mais de traits de lime spécifiques.
• Le chiffre 7 revient parfois comme une marque de dévotion aux Sept Divinités du Bonheur (Shichi Fukujin), très populaires à la fin de l'ère Edo.
5. La piste de l'école Monju (Forgerons du Shogun)
Les forgerons de l'école Monju, travaillant pour les Tokugawa à Edo, utilisaient parfois des styles de Yasurime très géométriques et profonds pour des lames destinées à être offertes en cadeau diplomatique ou votif.
• Ces 7 traits sont parfaitement parallèles et d'une régularité chirurgicale, c'est le signe d'une main d'expert qui n'avait pas besoin de signer son nom pour prouver la qualité de son travail.
Le Prix de réserve est déterminé par le vendeur lors de la mise en vente de son objet.
Il correspond au prix en deça duquel le vendeur ne souhaite pas vendre son objet.
Par définition, le prix de réserve n'est pas porté à la connaissance des acheteurs potentiels.
En tant qu'acheteur, vous devez donc enchérir jusqu'à dépasser le prix de réserve
afin de pouvoir remporter l'objet.