À première vue, le Steiner MPS n’est pas un point rouge spectaculaire : il est compact, ramassé, presque austère. Mais dès qu’on le monte sur une carabine vive comme la Henry Model X en .45-70 Govt, son intérêt devient évident.
Son architecture fermée protège l’émetteur, sa fenêtre encastrée inspire confiance et son gabarit cubique permet de conserver une arme maniable. Steiner annonce une construction tout métal, un format ACRO, un point de 3,3 MOA, huit niveaux de luminosité et une autonomie pouvant atteindre 13 000 heures, avec changement de pile par le dessus sans devoir déposer l’optique.
Au stand, le MPS colle bien à l’esprit de la Henry X. On n’est pas ici dans une logique de précision fine à longue distance, mais dans une visée rapide et instinctive pour toucher une cible à une distance maximale de 50 mètres. Sur une carabine à levier chambrée dans un calibre aussi démonstratif que le .45-70, le Steiner rassure par sa tenue. Le 3,3 MOA est bien dimensionné pour cet usage : assez visible pour aller vite, sans transformer la cible en tache rouge informe.
Un “petit costaud”
Le grand atout du MPS reste sa robustesse perçue. Là où certains mini points rouges ouverts paraissent vulnérables, celui-ci inspire tout de suite davantage confiance ; et vous le verrez par la suite, c’est effectivement un “petit costaud”. C’est un viseur que l’on imagine sans peine sur une arme de terrain, exposée à la poussière, aux manipulations répétées et aux chocs d’un usage intensif ; il a d’ailleurs été pensé à la base pour ce genre de pratiques et pour être utilisé sur des armes de poing. Steiner annonce d’ailleurs un boîtier rempli d’azote, étanche jusqu’à 10 m et apte à fonctionner de -40 °C à +60 °C.
Enfin, soulignons que son tarif le place d’emblée dans le segment premium, Steiner affichant 499 € prix public sur son site européen…
Au stand
Au stand, le MPS a passé un test grandeur nature qu’aucun protocole ne prévoit vraiment : la chute. La Henry, déchargée, mal stabilisée sur le chevalet, est tombée d’environ un mètre sur le béton alors que je filmais la cible. Verdict immédiat : aucune casse visible, aucune lentille fendue, aucun signe extérieur alarmant sur le viseur : RIEN. Ni même sur la carabine, une chance et surtout une preuve de solidité.
En revanche, vérification au tir : le point d’impact avait nettement bougé, preuve que le choc avait été suffisamment sérieux pour perturber le réglage. L’intérêt, ici, est qu’il a permis de juger la mécanique du Steiner en conditions réelles : clics nets (1 clic = 1 MOA), corrections franches.
Après reprise du zéro, le viseur est revenu à un réglage ultra précis, avec à la clé un groupement trou dans trou. Un épisode brutal, mais instructif : le MPS peut se dérégler après une chute sévère, ce qui n’a rien d’anormal, mais il conserve son intégrité et surtout une vraie fiabilité mécanique au moment de revenir au point initial.