Pourquoi le 10 mm Auto ?
Le 10 mm Auto apparaît au début des années 1980 avec une ambition claire : combler l'espace laissé entre le 9 mm Parabellum et le .45 ACP. Plus puissante que le premier, dotée d'une ogive plus lourde et d'une vélocité supérieure au second, la cartouche propulse des projectiles de 155 à 200 grains autour de 350 m/s, des performances qui la rapprochent de certains chargements de .357 Magnum.
L'intérêt du FBI s'éveille à la suite de la fusillade de Miami en 1986. L'agence, qui juge le 9 mm insuffisamment efficace, cherche une munition plus puissante et porte son choix sur le 10 mm Auto. L'adoption sera de courte durée : le recul, jugé excessif par une partie des agents, conduit au développement d'une version allégée de la cartouche, qui donnera naissance au .40 Smith & Wesson, bien plus populaire, surtout outre-Atlantique.
Pour autant, le 10 mm Auto ne disparaît pas. Il trouve un second souffle auprès des tireurs sportifs, des civils et même de certains chasseurs séduits par son niveau d’énergie élevé et sa polyvalence. Dans ce contexte, le Glock 40 MOS, introduit en 2015, s’impose comme l’une des principales plateformes de ce calibre. Pensé pour exploiter pleinement ses performances grâce à son canon de six pouces, il a notamment été présenté, dans certains pays, comme une option viable pour la chasse à l’arme de poing. Le Glock 40 s'appuie sur le succès du Glock 20, annoncé en 1990, dont il reprend les dimensions de carcasse, mais en proposant une culasse et un canon plus longs pour des performances accrues. Le système MOS, introduit avec la génération 4, modernise encore la plateforme en permettant facilement l’installation d’une optique, un atout majeur aussi bien pour la chasse que pour la compétition. À ce jour, ce modèle reste limité à la génération 4, sans déclinaison en Gen.5 ou Gen.6.
Prise en main et tir
Le Glock 40 est un pistolet imposant. Il est quasiment aussi long que le Glock 17L avec ses 241 mm, soit un petit millimètre de moins que le plus long des Glock. La poignée est également plus épaisse et fait beaucoup penser à celle des Glock en .45 ACP ou à celle d’un Glock 17 auquel on aurait ajouté tous les dosserets.
Cette épaisseur s’explique par sa conception (intérieur métallique et extérieur en polymère) et sa capacité de quinze cartouches. Ce Glock 40 MOS n’est donc pas des plus confortables pour les tireurs aux petites mains.
L’arrêtoir de culasse n’est pas ambidextre et ne dépasse pas suffisamment de la carcasse pour être aisément activé. Ainsi, il est plus pratique de tirer la culasse vers l’arrière puis de la relâcher pour introduire une cartouche dans la chambre.
Une fois chargé, le pistolet pèse plus d’un kilogramme. Ce poids, couplé à la taille de la poignée, permet de bien encaisser le recul. L’impulsion est vive mais agréable ; elle est moins ronde et plus « sèche » que celle du .45 ACP. Le recul du 10 mm Auto dans ce Glock 40 est très abordable et accessible à tous les tireurs. Plus que le recul, c’est le bruit du 10 mm Auto qui est bien plus élevé que celui du 9x19 mm ou du .45 ACP, mais là encore, rien de dramatique : un revolver tirant du .357 Magnum reste plus impressionnant. On peut enchaîner les tirs assez rapidement sans trop de difficulté, d’autant que la capacité du chargeur est de quinze cartouches. La texture RTF4 typique des Gen.4 offre suffisamment de préhension pour que l’arme ne déchausse pas entre les tirs.
La détente du pistolet est typique des pistolets Glock avec un côté très filant. Cependant, le Glock 40 dispose d’un connecteur permettant de réduire le poids de départ, mesuré à un peu moins de deux kilogrammes. Cette détente n’est pas aussi fluide qu’une Glock Performance Trigger, mais elle est bien plus qualitative que la détente standard des Glock Gen.4.
La précision du Glock 40 est excellente, comme celle de tous les Glock. La longue ligne de visée et la détente légèrement plus légère permettent de beaux groupements, du moins si l’on apprécie l’ergonomie générale du pistolet.
Ce Glock 40 est également compatible avec l’installation d’un point rouge grâce au système MOS.
Le démontage est très aisé, comme sur tous les Glock : on appuie sur la détente, on tire légèrement la culasse vers l’arrière et on abaisse le levier de démontage. On peut remarquer l’utilisation d’un ressort récupérateur double, introduit avec la quatrième génération de Glock. Ce ressort est assez court par rapport à la culasse et il ne se bloque pas à l’extrémité de la glissière.