Un fusil qui inspire d’abord la solidité
Le 825 Game donne immédiatement une impression de sérieux.
La bascule basse en acier, les finitions, le verrouillage issu de la tradition Browning installent d’emblée un rapport tout en confiance avec l’arme : on sent un fusil pensé pour durer.
On reconnaît la griffe Browning, bien que les traits changent par rapport aux opus précédents : 525 et 725. Ce qui saute aux yeux au premier abord, c’est cette bascule en acier à profil bas et son verrouillage large, pour lesquels la marque belge annonce une garantie de 10 ans.
Visuellement, le 825 Game réussit aussi quelque chose d’important : il a de la présence sans pour autant tomber dans l’ostentation. La crosse en noyer américain grade 5/6, les gravures animalières (déjà présentes sur les B525) et les lignes générales donnent à l’ensemble une élégance certaine, tout en conservant des atouts modernes comme sa crosse pistolet et sa bande ventilée de 6 mm.
À la bécasse, un essai révélateur
Prédestiné aux battues à l’anglaise et aux levées d’étang, où il excelle, nous avons voulu l’essayer (aussi) sur des terrains où on ne l’attend pas totalement ; c’est en sous-bois, dans la quête de la bécasse, que ce 825 Game est devenu particulièrement intéressant à juger. En forêt ou en sous-bois, avec ses 76 cm de canon, il montre ses limites et, en même temps, sa polyvalence : il est plus lourd et moins vif qu’un vrai fusil bécassier, c’est certain, et on pourrait le croire à contre-emploi dans un biotope serré, où tout se joue avec des coups presque réflexes et des montées à l’épaule instantanées. Pourtant, son inertie et l’équilibre dont il jouit permettent de contrôler et de rattraper des bécasses à des distances de tir inhabituelles pour ce genre d’exercice.
Car dès que l’on quitte le pur registre de la nervosité, le Browning reprend l’ascendant. Il accompagne mieux qu’il ne bondit. Ce n’est pas un fusil qui papillonne, c’est un fusil qui emmène. Et pour peu que le tir se construise, c’est-à-dire qu’il faille suivre, contrôler et allonger, le 825 devient très convaincant.
Un superposé de haut vol plus que de sous-bois
Tout, dans ce 825 Game, évoque une arme faite pour les oiseaux qui montent, les coups tendus et les journées où l’on tire beaucoup. Son poids, sa bascule basse et la sensation monolithique de sa présence dans les mains font penser davantage à un bel outil pour des gibiers rapides ou des tirs soutenus, voire à une utilisation mixte chasse/plateau, qu’à des chasses de billebaude nerveuses dans des environnements buissonnants. Browning classe d’ailleurs cette version Game parmi les 825 destinés au petit gibier, au gibier d’eau et au ball-trap.
Ce que l’on retient au tir
Le ressenti principal, c’est cette impression d’arme construite autour de la notion de contrôle. Le 825 Game ne donne pas une sensation de nervosité pure, mais plutôt de maîtrise progressive. Le recul paraît mieux canalisé que sur un fusil plus léger de même catégorie. Browning attribue au profil bas de sa bascule une meilleure maîtrise du recul et du relèvement. Les départs sont très bons et la sécurité/sélecteur, légèrement revue et plus proéminente, s’enclenche et se déplace sans caprices sous le pouce.