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Test du fusil MAS 36-51

Armes réglementaires en calibre d'origine après 1900
Par Amine Hissane
Publié le 14/04/2026
Dernière modification le 14/04/2026
RÉSUMÉ
La dernière évolution du MAS 36 pour le tir de grenade à fusil
Après 1945, la France modernise son fusil MAS 36 pour intégrer un dispositif de tir de grenades directement à l’arme, donnant naissance au MAS 36 LG48. Avec l’arrivée des standards OTAN, ce modèle évolue en MAS 36-51, doté d’un embouchoir pour grenades de 22 mm, d’une alidade perfectionnée et d’un canon renforcé. Produit à 150 000 exemplaires entre 1953 et 1959, il reste en service jusqu’aux années 1990 avant d’être remplacé par le FAMAS et l’AMD 5.56. Voir les notes détaillées et le verdict
Points forts
  • Arme français iconique.
  • Simplicité de démontage.
  • Agréable au tir.
  • Robuste.
Points faibles
  • Détente lourde.
  • Organes de visée épais.
  • Prix des cartouches.
Fiche technique
Origine : France.
Type : Fusil à répétition.
Calibre : 7,5x54mm.
Capacité : 5 cartouches.
Catégorie : arme de catégorie C soumise à déclaration.
Longueur : 1065mm.
Longueur du canon : 620mm.
Poids : 4,2kg.
Le test en détail

Un peu d’histoire


À la sortie de la Seconde Guerre mondiale, l’armée française entreprend d’adapter son fusil réglementaire MAS 36 aux nouvelles exigences du tir de grenade à fusil. Si le tromblon VB – hérité de la Première Guerre mondiale – permettait déjà ce type de tir, les militaires souhaitent désormais un dispositif intégré directement à l’arme, plus moderne et plus ergonomique.

Les ingénieurs de la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) conçoivent alors une version modifiée du fusil, dotée d’un nouvel embouchoir, d’une bague coulissante et d’alidades de visée spécifiques. Ce modèle, baptisé MAS 36 LG48 (pour lance-grenade 1948), permet de tirer la grenade modèle 1948. Plusieurs fusils standard MAS 36 furent d’ailleurs transformés pour cette occasion.

Cependant, la grenade modèle 1948 demeure typiquement française. Avec l’intégration progressive de la France dans la logique d’interopérabilité de l’OTAN, il devient nécessaire d’adapter le fusil aux nouvelles munitions de 22 mm au format standard. Ainsi naît le MAS 36-51, évolution directe du LG48.

Grenades à fusil de 22mm
MAS 36-51 accompagné de grenades à fusil de 22mm (photo littlegun.info).

Parmi ses principales modifications figurent un embouchoir redessiné pour les grenades OTAN de 22 mm, une alidade rabattable plus sophistiquée – offrant des angles de 45° et 90° – avec réglette de portée et bague de réglage, ainsi qu’un canon allongé et renforcé, passant de 575 à 620 mm. Le fût et le garde-main sont également repensés, tandis qu’un sabot de crosse en caoutchouc, disponible en deux tailles, fait son apparition dès 1951 pour amortir le recul brutal des grenades antichar.

Produit à 150 000 exemplaires entre 1953 et 1959 par la MAS, le MAS 36-51 servira fidèlement jusqu’à l’arrivée du MAS 49 puis du 49-56. Il poursuivra néanmoins sa carrière au sein de la gendarmerie et des CRS jusque dans les années 1990, avant d’être progressivement remplacé par l’AMD 5.56 et le FAMAS.

 150 000 MAS 36-51
Ce sont 150 000 MAS 36-51 qui ont été fabriqués entre 1953 et 1959

Au tir

 MAS 36-51  avec son manuel
Ce MAS 36-51 est livré avec son manuel pour les MAS 36, 36CR39 et 36-51.


Le MAS 36-51 incarne la dernière évolution d’une lignée d’armes réputée pour sa sobriété et son efficacité. Héritier direct du MAS 36, il en conserve la simplicité de conception et la robustesse des matériaux, tout en intégrant les modifications nécessaires au tir de grenades de calibre OTAN. L’ergonomie reste épurée : aucune sûreté n’est présente, conformément à la tradition des armes françaises de l’époque, et les manipulations demeurent d’une remarquable fluidité malgré un usinage somme toute minimaliste de la culasse.

 dispositif de lancement de grenade à fusil
Le MAS 36-51 est facile à reconnaître grâce à son dispositif de lancement de grenade à fusil, du moins quand on l’observe par la gauche.
Vue de profil droit du MAS 36-51
Vue de profil droit du MAS 36-51.

Avec un poids dépassant les quatre kilogrammes, le fusil peut sembler massif, mais cette masse offre un avantage tangible : elle limite le relèvement à chaque coup tiré. L’adjonction du dispositif de lancement de grenades renforce encore cette stabilité, ce qui confère à l’arme une tenue très saine au tir. L’alimentation du magasin s’effectue sans difficulté, que l’on utilise une lame-chargeur ou que l’on insère les cartouches une par une ; le mécanisme reste fluide et fiable, à l’image de la conception globale.
 

Détails du dispositif de lancement de grenade

Côté organes de visée, le MAS 36-51 demeure fidèle à la sobriété fonctionnelle de ses prédécesseurs. Il adopte un œilleton réglable en élévation à l’arrière et un guidon épais à l’avant. Ces organes de visée privilégient l’acquisition rapide de la cible plutôt que la précision extrême, un choix cohérent pour un fusil militaire destiné aux engagements à moyenne distance. Le tireur habitué à des instruments plus fins devra pourtant s’adapter à ce guidon massif, qui tend à occulter partiellement la cible, rendant les tirs de précision plus difficiles.

guidon des MAS 36  épais
Le guidon des MAS 36 est assez épais et a tendance à recouvrir une partie de la cible.

Lors des essais, la précision s’est révélée correcte sans être exceptionnelle, notamment avec les munitions commerciales de 7,5×54 mm de chez PPU.

L’arme utilise la cartouche française de 7,5x54 mm.

Des cartouches rechargées avec soin pourraient sans doute améliorer sensiblement les groupements. Le départ, mesuré à environ 4,1 kg, se montre assez ferme mais parfaitement net, avec une rupture franche et prévisible.
 

La hausse est réglable jusqu’à 1200 mètres.

En somme, le MAS 36-51 offre une expérience de tir authentique : rustique, stable et d’une mécanique honnête, fidèle à la réputation des MAS 36.
 

Le tir avec le MAS 36-51 est agréable malgré un recul bien présent.

Un démontage extrêmement bien pensé

Le démontage de la culasse est très aisé et se réalise sans outil
Le démontage de la culasse est très aisé et se réalise sans outil.


Les fusils à répétition MAS 36 sont sans doute les armes à verrou les plus faciles à démonter.

Le retrait de culasse se fait en tirant l’ensemble vers l’arrière et en appuyant sur la queue de détente. Une fois la culasse retirée, on appuie sur le bouton situé à l’arrière et on le fait tourner dans le sens des aiguilles d’une montre, libérant ainsi le percuteur et son ressort.

Culasse du MAS 36
La culasse du MAS 36 a des tenons de verrouillage situés à l’arrière.
Note détaillée & évaluation technique
Valeur mécanique
Canonnerie, précision
Valeur esthétique
Design, qualité des matériaux, finitions
Valeur d'usage
Prise en main, équilibre, visée
Rapport qualité-prix
LE VERDICT
Test du fusil MAS 36-51
Le MAS 36-51 représente l’ultime évolution du vénérable MAS 36. Il conserve toutes les qualités de la plateforme d’origine : robustesse, simplicité et agrément au tir. Grâce à son poids légèrement accru dû au dispositif de tir de grenade à fusil, l’arme présente une meilleure stabilité et un relèvement réduit lors du tir. Ainsi, ce fusil fera autant le bonheur des collectionneurs d’armes militaires françaises que celui des tireurs sportifs.
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