Un peu d’histoire pour commencer
Le fusil à verrou FRF2 a été conçu par la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS), ensuite intégrée à GIAT Industries, aujourd’hui KNDS.
Adopté en 1986 par l’Armée française, il est également utilisé par des unités d’élite telles que le GIGN. Son nom « FRF2 » signifie « Fusil à Répétition modèle F2 ».
Il s’agit en réalité d’une évolution du FRF1, lui-même déré du fusil MAS 36.
À l’origine, l’Armée française cherchait un fusil de précision et avait mandaté la MAS pour ce projet. Le FRF1 fut adopté en 1966 en calibre 7,5 × 54 mm.
Le passage au calibre 7,62 × 51 mm, devenu standard au sein de l’OTAN, a conduit à la modernisation vers le FRF2.
Les principales évolutions sont :
- changement de calibre.
- renforcement du boîtier de culasse.
- ajout d’un manchon thermique.
- nouveau bipied monté au-dessus du canon.
Après de longues années de service, le FRF2 est progressivement remplacé. Les besoins modernes — notamment un poids réduit et une cadence de tir plus élevée — ont conduit au programme FPSA (Fusil de Précision Semi-Automatique).
Depuis 2020, il est progressivement remplacé par le SCAR-H PR produit par FN Herstal.
Les différentes versions
- FRF1 : C’est le modèle d’origine, chambré en 7,5 × 54 mm. Il est équipé majoritairement d’une lunette APX L806. Lors du passage à la munition française de 7,62 × 51 mm, le FRF1 a été converti. Notons que certains modèles FRF1 sont encore en service à l’étranger. Le bipied est pliable et fixé de chaque côté de l’arme. Son canon mesure 552 mm pour une longueur d’arme de 1138 mm et un poids de 5,2 kg.
- FRF2 : Le FRF2 est chambré en 7,62 × 51 mm. Son canon est recouvert d’un manchon thermique et il possède un bipied pendulaire. (Sur les 6000 FRF1 construits, environ 3500 ont servi à fabriquer des FRF2.)
En début de production, les FRF2 étaient équipés de la lunette APX L806, puis remplacée par la lunette SCROME J8 ou J10 selon les besoins et l’utilisation. Son canon mesure 650 mm pour une longueur d’arme de 1138 mm, avec un poids de 5,1 kg. - FRG1 : C’est une variante du FRF1 qui utilise des boîtiers de culasse de MAS 36. Le FRG1 conserve la crosse et les garnitures en bois du FRF1 et possède un bipied fixe et pliable. Son canon mesure 650 mm pour une longueur d’arme de 1200 mm avec un poids de 4,49 kg.
- FRG2 : C’est une variante avec bipied du FRF2 qui utilise des boîtiers de culasse de MAS 36. Le FRG2 conserve les caractéristiques du FRF2. Notez que le rail pour la lunette conventionnelle est remplacé par un rail Picatinny. Son canon mesure 650 mm pour une longueur d’arme de 1200 mm avec un poids de 4,58 kg.
- FRG3 : C’était un prototype destiné à la vente pour les civils. Ce FRG3 était chambré en 7 mm-08 Remington.
La version que je vais vous présenter ici est un FRF2 complet avec accessoires. Il comprend :
- Mallette de transport
- Porte-chargeur
- 2 talons / sabots de chargeur
- 1 appui-joue bas
- 1 appui-joue haut
- 2 entretoises
- 2 chargeurs
- Manuel d’instruction du FRF2
- 2 œilletons de visée
- Boîtier pour l’optique
- Sangle
- Manchon de serrage pour cache-flamme FRF1 / FRF2
- Housse en toile bâchée verte en matière imperméable
- Outil de réglage / collimateur
- U.C correspondant à la pochette Unité Collective : huilier, cordon de nettoyage, tournevis
- Lunette SCROME J10 et sa mallette
- Lunette à intensification de lumière de marque Sopelem type OB 50
La crosse et le boîtier de culasse
Le mécanisme du FRF1 / F2 s’appuie sur celui du MAS 36 avec son système à verrou. C’est une arme à répétition manuelle à culasse calée à verrou fixe, mais qui cependant ne reprend pas le boîtier du MAS 36 car ce dernier faiblissait lors des tirs. Les boîtiers de culasse de FRF1 / F2 sont faits en acier usiné, donc plus épais, avec une finition phosphatée sans oxydation, et légèrement plus longs que ceux du MAS 36.
Le boîtier de culasse comporte sur sa partie supérieure une queue d’aronde permettant la fixation de l’embase du support de lunette. Sur sa partie inférieure, côté droit, se trouve le levier de verrouillage du chargeur. Le levier de sécurité, quant à lui, est positionné sous le pontet.
La culasse mobile comprend le corps de culasse, le bouchon, le percuteur et son ressort, ainsi que l’extracteur.
Pour fermer la culasse, il suffit de pousser le levier vers l’avant à fond puis de le faire pivoter à 90° vers le bas afin qu’elle se verrouille : l’arme est ainsi chargée et prête à tirer. Pour déverrouiller la culasse, lever le levier de 90° vers le haut puis le tirer vers l’arrière. Cette action est assez souple et ne nécessite généralement pas d’effort particulier.
La crosse est faite en bois de noyer et se termine par une plaque de couche. On peut rallonger la crosse et l’adapter à la morphologie de chaque tireur en ajoutant des entretoises en bois. Elle peut ainsi passer de 345 mm à 405 mm.
Sur le dessus de la crosse se positionne un appui-joue en plastique noir, amovible, fixé grâce à deux ergots. Il existe deux appuis-joue (« bas » et « haut »), permettant une élévation de 8 ou 17 mm.
La poignée et le garde-main
La poignée pistolet du FRF2 est en bois de hêtre. Elle est très confortable et son inclinaison est idéale pour maintenir une bonne posture en position couchée, posture pour laquelle ce fusil a été conçu avant tout.
Le garde-main et le canon du FRF2 sont entourés d’un manchon thermique (absent sur le FRF1), permettant de répartir la chaleur de façon homogène, de réduire le mirage et d’atténuer la signature thermique lors des tirs.
Le bipied
Le bipied du FRF1 était fixé sur les deux côtés de l’arme et réglable uniquement en hauteur. Celui du FRF2 est pendulaire : le point d’ancrage se situe au-dessus de la base du canon, améliorant l’équilibre.
Il est réglable en hauteur jusqu’à 10 cm et permet la correction du dévers. Il se replie vers l’avant en appuyant sur les boutons situés à la base de chaque pied, facilitant ainsi le transport.
La détente
Le mécanisme comprend une détente à double bossette, la queue de détente et son ressort, ainsi que l’éjecteur. Le départ est réglable entre 1,45 kg et 2 kg.
La sécurité
Une sécurité manuelle est située derrière la détente. Elle est bien placée et facilement actionnable en position de tir. Pour sécuriser l’arme, il faut abaisser le loquet, empêchant l’action sur la queue de détente. Pour désengager la sécurité, il suffit de relever le loquet.
Attache sangle
Une attache sangle est située sous la crosse, une seconde sous la protection thermique du canon.
Les organes de visée
Des organes de visée de secours sont présents en cas de défaillance de l’optique. Ils permettent un tir jusqu’à 200 m.
Optique
En 1986, les FRF2 sont équipés de la lunette APX L806. À partir de 1995, elle est remplacée par la SCROME J8, puis la J10 (grossissement x10). Cette dernière équipe aussi d’autres armes comme le PGM Hécate II.
Pour le tir de nuit, le FRF2 peut recevoir une lunette Sopelem OB 50 (grossissement x3), avec intensificateur de lumière et autonomie d’environ 20 heures. Portée : jusqu’à 300 m.
Le chargeur
Le FRF2 utilise des chargeurs phosphatés de 10 coups. Ils s’insèrent dans le puits sous le boîtier de culasse. Le retrait se fait via un levier situé à droite.
Les chargeurs sont équipés de sabots en plastique facilitant la manipulation et réduisant le bruit.
Le canon
Le canon du FRF2 est de très bonne qualité, tronconique et martelé à froid. Il est nitruré pour limiter l’érosion et améliorer la stabilité thermique.
Il mesure 60 cm, avec 3 rayures à droite au pas de 290 mm.
Il est flottant, ce qui améliore la régularité des tirs. Il reçoit un cache-flamme long, non démontable, jouant aussi un rôle anti-vibrations.
Marquage
Sur la crosse : « FR F2 – 7.62 N » (N pour NATO) et « M.A.S », suivi du numéro de série.
Le collimateur
L’harmonisation arme-optique se fait avec un collimateur.
Procédure : positionner l’arme, installer la tige, aligner avec la lunette, puis ajuster en site et en gisement.
Le collimateur est nommé « dispositif optique de réglage modèle F1 », fabriqué par Electro-Optical Industry LTD.
Démontage de l’arme
Le démontage de la culasse est simple. Vérifier l’absence de munition, retirer l’appui-joue, presser la détente et extraire la culasse.
Pour la démonter : tourner vers « D » après pression, puis nettoyer les éléments.
En stand de tir
La détente est agréable avec une première bossette nette.
Attention à bien positionner l’œil contre la protection en caoutchouc pour éviter les chocs liés au recul.
Mes essais : gong à 130 m, puis cible à 200 m. Après réglage, impacts constants dans le 10.