Un peu d'histoire pour commencer
La FN (Fabrique Nationale), située à Herstal, en Belgique, mit à l'étude un nouveau fusil sous la direction de Dieudonné Joseph Saive, ingénieur en chef de la firme belge. Un premier prototype de la carabine FN FAL « Fusil Automatique Léger » parut dans les années 50. Sa première particularité était d'avoir une poignée pistolet au niveau de la crosse, un entretien de l'arme facile et un recul rectiligne qui se traduit par un canon qui ne se relève pas trop après chaque tir : cette simplicité du mécanisme réduit également les risques d'incident de tir. Par ailleurs, dès 1954, les États-Unis adoptent la munition 7,62 mm OTAN au sein de leur armée et, de ce fait, la FN décide de modifier le FAL afin qu'il soit chambré dans ce même calibre. Les premiers prototypes utilisaient des cartouches de 7,92 mm. On peut également trouver des FN FAL chambrés dans d'autres calibres comme le 5,56, le .243 Winchester ou encore le .300 Savage.
Également en 1954, au Royaume-Uni, le FN FAL fut essayé par Winston Churchill en personne, et il se prononça en sa faveur pour l'adopter. Après avoir subi quelques modifications, le FN FAL fut donc adopté sous le nom de L1A1 au Royaume-Uni pour l'ensemble de l'armée britannique.
Il est important de situer la naissance de cette arme dans un contexte de guerre froide. En effet, la carabine FN FAL fut surnommée « le bras droit du monde libre » car elle se distinguait ainsi des deux armes les plus emblématiques de cette période : l'AK-47 et ses variantes du « bloc de l'Est », ainsi que le fusil M16 et ses futures variantes AR, emblématiques des États-Unis et du bloc de l'Ouest.
Le FN FAL participa ensuite à de nombreux conflits, comme la guerre des Malouines, les guerres de décolonisation en Afrique, la guerre du Vietnam ou les guerres israélo-arabes.
Il connaît ainsi une large diffusion dans environ 70 pays, principalement en Afrique, mais pas seulement. Il fut construit sous licence dans une dizaine de pays, dont le Royaume-Uni (L1A1) et Israël (ROMAT). Ce sont principalement ces deux versions que nous allons vous présenter ici.
Les différentes versions belges chambrées en 7,62 OTAN (308 Win) :
- FN FAL standard : Il existe en full auto et en version semi-automatique avec, au choix, une crosse fixe ou pliante. Ce modèle, au sein de l'armée belge, ne possède pas de cache-flamme. Cependant, pour le marché civil, il peut être mis en configuration diverse : avec cache-flamme de type T-48 ou M3 selon les années de production, ou sans cache-flamme. Canon standard de 533 mm, avec une longueur totale de 1 090 mm et 845 mm avec la crosse repliée. Son poids est de 4,3 kg avec une crosse fixe et de 4,1 kg avec une crosse pliante.Ce FN FAL possède une monture bois pour les exemplaires les plus anciens, ou en polyamide noir pour les plus modernes.
Ce FN FAL possède une monture en bois pour les exemplaires les plus anciens, ou en polyamide noir pour les plus modernes.
- FN FAL Para (ou M3) : Avec sa crosse rabattable sur son côté droit, il existe en deux longueurs de canon différentes, plus courtes que la version du FN FAL standard, à savoir : 458 mm et 436 mm. Le FAL Para est principalement destiné aux sauts en parachute, d'où sa dénomination « para », car plus compact. Avec son canon moyen, le FN Para fait 1 050 mm de long et 790 mm avec la crosse repliée, le tout pour un poids de 3,9 kg. Avec son canon le plus court, sa longueur est de 1 020 mm et 770 mm avec la crosse repliée, pour un poids de 3,7 kg.
- FN FALO : C'est une version avec canon lourd qui se rapproche davantage d'un fusil mitrailleur, de par son bipied et son canon plus épais. Il possède une crosse fixe avec une mécanique identique au FN FAL standard. La plupart des FALO sont sortis d'usine avec la possibilité de tirer en rafale, mais il existe aussi des versions civiles ne tirant qu'en mode semi-automatique. Il a une longueur de canon de 533 mm pour une longueur totale de 1 150 mm et pèse 6 kg.
Quelques versions de FN FAL produites sous licence
- L1A1 britannique (appelé aussi « SLR » pour Self-Loading Rifle) : ils sont construits par l’arsenal d'Enfield ou par Birmingham Small Arms (BSA).
Le L1A1 possède un canon standard de 533 mm avec une monture en bois, même si les L1A1 sont plus souvent vus avec une monture en polyamide noir.
Par rapport au modèle FN FAL belge, le L1A1 se caractérise surtout par son sélecteur, qui est bloqué en position semi-automatique, avec les deux marquages « S » et « R » (pas d’option full auto disponible sur le sélecteur). Son canon est muni de facto d'un cache-flamme et d’un tenon pour y fixer une baïonnette.
- ROMAT israélien (en hébreu, « ROMAT » se traduit par « fusil semi-automatique ») : canon standard de 533 mm avec une crosse en bois fixe et pleine, sans logement de kit de nettoyage, et une poignée de transport en bois, remplacée à la longue par du plastique. La poignée pistolet peut être soit en bois, soit en polyamide noir. Le ROMAT est facilement reconnaissable par son garde-main spécifique protégé, en partie, par deux demi-coques en bois. Il est entré dans l’armée israélienne dès 1955.
- FAL Arcom d’Afrique du Sud : carabine avec une crosse fixe et un canon chambré en 7,08 mm avec un cache-flamme de type M3, une monture synthétique uniquement, mais ne possédant pas de poignée de portage par rapport à son homologue belge.
- FAL L1A1 australien : il est identique au FAL L1A1 anglais.
- À noter qu’une variante plus légère et raccourcie a été produite vers 1973 (avec 106 cm pour 4,9 kg avec chargeur chargé), nommée L1A1-F1. Cette version était utilisée par les soldats papous, tasmaniens, aborigènes et les cadets féminins australiens, de corpulence plus faible que les Australiens.
- FAL STG 58 autrichien : il a été fabriqué par la firme Steyr sous licence, avec un canon standard et une monture synthétique avec fût métallique ou un kit en bois.
- FAL G1 (Gewehr) allemand : il a été fabriqué pour la Bundeswehr et adopté dès 1957. Il a un bipied intégré avec un garde-main réalisé en tôle matricée. Les FAL G1 sont souvent dotés d’une optique allemande Hensoldt.
La crosse, le boîtier de culasse
La crosse du ROMAT présenté dans cet article est faite en bois de hêtre, munie d'une attache-sangle, avec une plaque de couche métallique (en partie striée) qui ne possède pas de trappe de rangement.
Pour les FAL, il existe 4 sortes de crosses : types A, B et C, qui sont en bois et qui sont soit évidées pour y recevoir une fiole / un logement d'accessoires de nettoyage, soit pleines, de longueurs différentes, avec des plaques de couche différentes. La crosse de type D est en polyamide noir, avec une crosse évidée et une plaque de couche en caoutchouc durci. Cette crosse ne possède qu'une seule longueur, mais peut toutefois être rallongée en ajoutant des entretoises en plastique noir entre la crosse et la plaque de couche. C'est de cette crosse dont est pourvu mon L1A1.
Le boîtier de culasse des L1A1 anglais comporte des fraisages latéraux en forme de W sur ses flancs, destinés à améliorer sa fiabilité en milieu désertique et à alléger son poids.
La culasse complète du FAL comprend : le corps de culasse, le percuteur, le ressort de rappel du percuteur, la goupille d'arrêt du percuteur, l'extracteur, la goupille d'arrêt d'extracteur, le logement du ressort d'extracteur.
Le levier d'armement est logé sur le flanc gauche sur toutes les versions, avec pour particularité de se replier sur le L1A1.
La poignée et garde-main
Sur le FN FAL belge, la garniture est soit en bois (surtout en début de production), en métal ou en polyamide.
La poignée pistolet est fixée sur la sous-garde de l'arme, près du pontet.
Il existe deux sortes de poignées pistolet : type « A » en bois et type « B » en polyamide de couleur noire.
Sur la version israélienne, le garde-main est composé de deux demi-coques en bois, comme on peut le voir sur mon ROMAT en .308 Win.
Il est également possible de changer le garde-main du L1A1 pour un rail plus « tactique » comprenant quatre rails Picatinny, permettant ainsi l'ajout d'accessoires comme un bipied, une poignée avant inclinée avec un repose-pouce…
La poignée de portage
La poignée de portage est fixée sur l'écrou du cylindre à gaz, sur le côté droit du boîtier de culasse de l'arme, faisant ainsi fonction de pivot pour celle-ci. La poignée de portage peut être en bois (surtout en début de production) ou en polyamide. Sur mes deux exemplaires de FAL, elle est en polyamide.
Évacuation des gaz
Le FAL est un fusil par emprunt de gaz en un point du canon, actionnant une culasse basculante via un piston et une pièce de manœuvre (nommée également « transporteur »).
Le système d'emprunt de gaz est équipé d'un régulateur de gaz (situé au bout du canon, avant le cache-flamme), qui peut être activé ou désactivé selon les besoins (notamment pour les tirs de grenades).
La sécurité
Le levier de tir et de sûreté se situe sur le côté gauche de l'arme. L'arme est en sécurité lorsque le levier de sûreté est positionné sur la lettre « S ».
Les organes de visée
Les organes de visée des FAL sont constitués d'un guidon réglable en hauteur, protégé par deux oreilles, et d'une hausse à œilleton sur rampe oblique (200-600 mètres), réglable par paliers de 100 m. Le guidon conique du ROMAT existe en 11 hauteurs et possède une base carrée.
Optique
J'ai installé sur le ROMAT une optique allemande, le modèle Hensoldt 4x24 Type 2. On peut voir sur celle-ci les marquages 1240-12-179-7120, qui correspondent au code de nomenclature OTAN. L'installation de la lunette n'empêche pas de pouvoir tirer en visée ouverte, car le montage de la lunette est assez haut.
Le chargeur
Le chargeur standard est de 20 coups, mais il existe des chargeurs de 10 ou 30 coups selon les versions. Ils sont en tôle d'acier emboutie ou en aluminium.
Pour insérer le chargeur dans la fenêtre d'alimentation, il faut le faire pivoter d'avant en arrière et l'enfoncer à fond (de la même manière qu'un chargeur d'AK, par exemple). Le loquet d'éjection de l'arme se situe sous le pontet, près du chargeur.
Cependant, il existe deux formes de chargeurs : « métrique » et « impérial » (en inch). Les chargeurs impériaux sont issus des productions provenant des pays anglo-saxons comme le L1A1 anglais et australien, et les FAL métriques sont issus des productions belges, autrichiennes et israéliennes. Les chargeurs impériaux ne vont pas sur les FAL métriques. Cependant, beaucoup de L1A1 acceptent des chargeurs métriques, mais au prix de quelques problèmes d'alimentation.
À noter qu'en début de production, le FN FAL belge possédait un capot de type M1 avec la possibilité d'introduire, par le dessus, directement les cartouches montées sur lame-chargeur, ce que ne possèdent pas le FAL L1A1 ni le ROMAT.
Le canon
La longueur de canon standard des FN FAL est de 53 cm. Les versions avec crosse repliable peuvent recevoir des canons plus courts (le plus souvent 45 cm, parfois 43 cm). Le canon du L1A1 a un pas de 4 (ou 6 selon la version), pas à droite de 305 mm. La frette d'emprunt de gaz est fixée sur l'avant du canon. Sur le fût du canon, une attache-sangle est mise d'office.
Selon les versions, le cache-flamme peut intégrer un tenon de baïonnette positionné en dessous de celui-ci, comme sur le L1A1, par exemple.
Il existe différents cache-flammes : sur les exemplaires produits par la FN, le cache-flamme peut être de type T-48 (long et fin) ou de type M3 (court, de diamètre 22 mm normalisé OTAN). Certaines versions comportent un cache-flamme amovible, voire en sont dépourvues.
Le cache-flamme de début de production du L1A1 comportait cinq ouïes (les parties ajourées de celui-ci) et fut remplacé par le modèle à trois ouïes, s'avérant plus résistant. Sur mon L1A1, c'est le cache-flamme de début de production qui est installé.
À noter que la conception du cache-flamme du L1A1 est telle qu'il évite le relèvement de l'arme vers le haut après un tir, en orientant vers le haut le jet de gaz expulsé hors du canon, et aussi pour limiter le nuage de poussière trahissant la position du tireur en climat désertique.
Marquage
Tous les FAL semi-automatiques militaires et civils provenant de la FN Belgique comportent la même sous-garde, marquée des lettres « S » pour « Sécurité » et « R » pour « Répétition » (tir en semi-auto). Ces marquages sont identiques sur le FAL anglais. Sur le ROMAT, ce sont des marquages hébraïques qui lui sont apposés.
Démontage de l'arme :
Enlever le chargeur et vérifier qu'aucune cartouche n'est engagée dans l'arme.
Mettre l'arme en sûreté avec le levier de sûreté. Actionner le levier de verrou de la sous-garde afin d'ouvrir l'arme / casser l'arme en deux (de la même manière qu'un fusil de chasse). Retirer la culasse.
Pour enlever le piston, tourner le régulateur de gaz dans le sens contraire des aiguilles d'une montre. Retirer le piston avec son ressort. Nettoyer toutes les pièces avant de remonter l'arme.
En stand de tir
Le L1A1 et le ROMAT ont une excellente prise en main et un bon confort, de par une visée haute sur le L1A1 et l'ajout d'une optique sur le ROMAT. De ce fait, on ne se « casse » pas le cou pour prendre sa visée et tirer.
Les deux armes sont très précises à 200 m et je n'ai rencontré aucun incident de tir depuis que je les ai, en plus de 8 ans.
Sur mes deux versions, le départ de la queue de détente est assez dur (entre 3,5 et 4 kg), ce qui peut être difficile à appréhender pour ceux qui n'ont pas l'habitude de ce type de départ. Mais personnellement, cela ne me gêne pas du tout lors des tirs. Il suffit de le savoir.