Un peu d’histoire
Le développement de ce qui deviendra le FN F2000 débute au milieu des années 1990. À cette époque, FN Herstal ambitionne de concevoir un fusil d’assaut résolument moderne, répondant aux exigences émergentes des forces armées : modularité, ambidextrie et compacité, sans compromis sur la longueur de canon. Le choix s’oriente naturellement vers une architecture bullpup, plaçant le mécanisme et le chargeur à l’arrière de l’arme. Cette configuration permet de conserver un canon de 40 cm tout en limitant l’encombrement global, un atout majeur pour le combat moderne et les opérations en milieu urbain.
L’un des écueils traditionnellement associés aux fusils bullpup, en particulier à cette période, réside toutefois dans la gestion de l’éjection des étuis. Sur de nombreux modèles, celle-ci complique l’utilisation pour les tireurs gauchers ou lors d’un changement d’épaule en situation tactique. FN Herstal apporte une réponse originale à cette problématique : le F2000 adopte un système d’éjection frontale.
Les étuis sont guidés dans un conduit interne avant d’être expulsés vers l’avant, rendant ainsi l’arme parfaitement ambidextre.
Si le F2000 reste relativement discret sur le plan des dotations militaires massives, il s’est en revanche forgé une notoriété certaine dans la culture populaire, notamment au cinéma et dans les jeux vidéo.
La série Splinter Cell a largement contribué à faire connaître ce fusil auprès du grand public et des amateurs d’armes modernes. Sur le plan opérationnel, le F2000 a néanmoins été adopté par la Slovénie en 2006 ;
Cette version spécifique, dotée d’une poignée de transport caractéristique, est désignée F2000S — à ne pas confondre avec le FS2000, déclinaison semi-automatique destinée au marché civil. Par ailleurs, plusieurs forces spéciales auraient également intégré le F2000 à leurs équipements, notamment en Arabie saoudite, en Inde et au Pakistan.
Essai au tir
Une fois l’arme en main, le FN F2000 se révèle globalement ergonomique. Les commandes sont bien positionnées et accessibles, et la compacité inhérente à sa configuration bullpup se fait immédiatement ressentir. L’insertion des chargeurs s’effectue sans difficulté particulière ; il convient toutefois de souligner que l’arme est exclusivement compatible avec les chargeurs de type STANAG.
En effet, un joint d’étanchéité vient s’insérer dans les encoches des chargeurs métalliques afin d’améliorer la fiabilité du système d’alimentation, notamment en environnement dégradé.
Sur le modèle essayé, le bullpup est équipé de son optique intégrée d’origine, offrant un grossissement de 1,6 fois. Si ce dispositif peut aujourd’hui être considéré comme obsolète au regard des standards actuels, il présente néanmoins l’avantage de permettre un tir instinctif les deux yeux ouverts, à la manière d’un point rouge. Les versions plus récentes du F2000 corrigent cette limitation en intégrant un long rail Picatinny au-dessus, autorisant l’installation d’optiques modernes adaptées aux besoins opérationnels contemporains.
Le levier d’armement, positionné sur le côté gauche de l’arme, peut être verrouillé en position arrière, à l’image de ce que l’on retrouve sur un HK G3. En revanche, le F2000 ne dispose pas d’arrêtoir de culasse automatique en fin de chargeur, un choix de conception qui peut surprendre pour l’époque.
Le sélecteur de tir, situé à l’avant de la queue de détente, est facilement accessible et manipulable via l’index. La détente se caractérise par une course très longue et un poids de départ élevé, de l’ordre de plusieurs kilogrammes, ce qui n’est pas inhabituel sur un fusil d’assaut militaire. Sur les versions automatiques, le passage en mode automatique transforme la détente en une détente progressive : une pression courte déclenche un tir unique, tandis qu’une pression complète engage le tir automatique, avec une cadence avoisinant les 850 coups par minute.
Au tir, le recul se montre plus sec que sur d’autres fusils d’assaut chambrés en 5,56 × 45 mm, et peut même devenir sensiblement plus violent lorsque la configuration de l’emprunt de gaz est modifiée, notamment afin de garantir le fonctionnement de l’arme lorsqu’elle est fortement encrassée.
L’esthétique du bullpup belge peut diviser, mais ses lignes arrondies et ses formes organiques contribuent indéniablement à une prise en main confortable et naturelle. Sur le plan de la fiabilité, le F2000 inspire confiance, un point d’autant plus crucial que l’accès à l’ensemble mobile s’avère plus complexe que sur une plateforme de type AR-15 ou AK. L’utilisateur peut néanmoins contrôler visuellement l’alimentation par le biais d’une trappe située sur la partie supérieure de l’arme. En cas d’incident de tir majeur, le démontage s’impose : celui-ci s’effectue en retirant une goupille transversale, permettant de séparer l’arme en deux ensembles principaux.