Un armeur à trois positions
C’est le cœur de la machine ! Il est directement intégré à la culasse, au niveau de la noix de culasse pour être plus précis. En effet, cet armeur manuel, qui pourrait faire penser à une sorte d’armeur à drapeau avec une ligne moderne, est placé à l'arrière de la culasse, faisant légèrement saillie.
En position de repos, à gauche, le ressort de percuteur est détendu et la culasse est manipulable.
En position intermédiaire ou centrale (en fait, légèrement décalée à gauche), on peut porter l'arme chargée sans risque, le ressort de percuteur est détendu et la culasse est bloquée.
Quand on pousse le drapeau à fond vers la droite, on sent immédiatement le levier armer le ressort de percuteur, et un visuel rouge apparaît sur le bouton de désarmement, visible au premier coup d'œil.
Pour désarmer, on presse ce dernier bouton situé sous l'axe du drapeau en gardant le pouce en appui : lâché, le levier revient brusquement, car le ressort est puissant, mais cet armeur a justement été pensé pour que le pouce en appui sur le drapeau accompagne le levier. Enfin, une légère pression sur le bouton-poussoir permet de pousser le levier tout à gauche : la culasse est libérée pour charger ou décharger, et le percuteur reste détendu.
Détail décisif en battue : après le premier coup, la manœuvre de la culasse réarme le percuteur par une double came, si bien que les tirs suivants ne demandent aucune manipulation manuelle supplémentaire. Aussi, la manœuvre est presque silencieuse, mais elle demande quelques séances d'apprentissage pour prendre le coup de main.
Verrouillage dans le canon
La culasse reprend les six tenons de la Titan 6, disposés en trois paires, qui s'engagent directement dans le canon.
L'ouverture de culasse est de 60°, ce qui laisse de la place sous l'optique et accélère le réarmement. Un extracteur à griffe coulissante et un éjecteur à piston assurent de bonnes extractions. Le tenon du canon joue le rôle de tenon de recul, et le système repose dans la crosse sur deux éléments en aluminium.
Canon interchangeable
Le canon, Lothar Walter, est serré dans son manchon par deux vis Allen. Il n'y a pas de tête de culasse interchangeable : pour changer de groupe de calibre, il faut changer la culasse complète. Le tube de 47 cm est céramique-sablé puis nitruré plasma… mais pas de possibilité de frein de bouche ou de modérateur car pas de filetage… ce qui est vraiment dommage pour une carabine moderne.
Un Picatinny acier de série
Rössler livre la Signature avec un rail Picatinny en acier, dessiné sur mesure pour suivre les lignes du boîtier.
Il est vissé et collé. La version Traqueur reçoit en plus une hausse et un guidon à fibre optique, que la gamme Signature n'a pas d'ordinaire.
Crosse synthétique et détente directe
La crosse synthétique porte un quadrillage écossais moulé sur la poignée et le devant.
Elle reçoit une plaque de couche en caoutchouc amortissante et des anneaux de grenadière de série classique, dont un en bout de canon pour un port de bretelle latérale ; utile en traque et en recherche.
La détente directe, sèche et courte, est réglée d'usine autour de 900 g. Le chargeur à simple pile en tôle d'acier est livré en 5 coups sur cette version.
Au tir
Au stand, nous l’avons tirée à 50 mètres sur cible fixe puis à 30 mètres sur sanglier courant. Sa précision et la fluidité de sa culasse tutoient le haut de gamme. Son seul défaut serait peut-être ses 3,1 kg (à vide et sans optique), car la carabine fait sentir franchement le recul du 9,3x62 au tir posé ; c’est plus digeste mais néanmoins vif en tir à bras franc, où la plaque en caoutchouc et le mouvement aident. Posé, il faut tenir l'arme fermement, ça n’est pas un .243 Winchester sur une carabine Varmint ! En 9,3x62, elle réclame un tireur averti et habitué à cette trempe de calibre. Toutefois, son équilibre et sa maniabilité sont remarquables.