Une crosse pensée pour l’optique
La Finnlight mise sur une crosse composite verte à surface texturée, renforcée par des zones noires en « cuir synthétique » sur la poignée pistolet et le devant, ainsi que sur le busc, pour conserver du contrôle sous la pluie ou avec des gants. La crosse n'est pas moulée d'une seule pièce. La zone de la poignée de crosse et le ventre du devant sont assemblés au corps de la crosse. L’appui-joue est réglable en hauteur, point déterminant dès qu’on monte une lunette ou un point rouge haut sur les rails Picatinny usinés à même le boîtier, promesse d’un montage solide.
Mouture 90
Sako conserve une alimentation push-feed — on regrettera toujours l’alimentation contrôlée des modèles 85 — et une culasse à 3 tenons, optimisée pour la fluidité avec des surfaces de contact minimisées ; une recette dont la fiabilité a fait ses preuves sur les rudes terrains finlandais. Sako met aussi en avant l’éjection grâce à deux poussoirs. Côté sécurité, classique de la maison Sako : un système où détente et levier de culasse sont verrouillés une fois la sûreté enclenchée, mais une pédale de débrayage permet de décharger l’arme en sécurité si besoin. Un témoin d’armement avec un point rouge fait saillie sous la noix de culasse lorsque la carabine est prête à faire feu.
Poids de départ : réglages rapides
La détente des Sako 90 est prévue pour passer d’un réglage à l’autre sans démontage, grâce à un outil type clé en étoile, fourni par le fabricant avec l’arme. Avec cinq niveaux de poids de départ et une position de queue de détente directement ajustable selon la morphologie du tireur, la 90 acquiert, grâce à cette possibilité de réglages, une identité très contemporaine.
Canon proverbialement précis
Le canon est martelé à froid, cannelé et fileté (M15x1), avec des longueurs qui varient selon les versions. Nous avons demandé notre modèle d’essai en calibre 9,3x62. Pourquoi ? L’intérêt nous semblait double sur cette carabine moderne : d’un côté, le calibre reste une référence battue/traque/affût pour son efficacité sur les grands animaux ; de l’autre, on peut exploiter le filetage pour un modérateur ou un frein si l’on veut gagner en confort.
Ajoutons aussi que la régularité et la précision des canons Sako sont toujours bien présentes. Nous avons tiré 3 Sako PowerHead Blade à 100 mètres avec notre carabine pour réaliser un groupement remarquable de précision.
Sur le terrain
En battue, côté plus, c’est une carabine très précise avec une culasse hyper fluide. Nous l’avons essayée associée à une lunette de battue Leupold VX5HD 1-5x24 avec beaucoup de succès sur les sangliers. La carabine est vraiment légère : nous l’avons portée debout durant près de 3 h sans faire de l’exercice une séance de musculation. Les supports de bretelle QD sont un plus : arrivé au poste, vous pouvez détacher d’une simple pression votre bretelle ; attention toutefois à bien vérifier que le réceptacle des battants de grenadière attachés à la crosse soit bien vissé… le chargeur métallique à double pile imbriquée d'une capacité de 5 cartouches est parfait pour la battue et se graille sans effort. Avantage supplémentaire à souligner, pour ceux qui ne connaisse pas les Sako, la dépose s'effectue en tirant le loquet de déverouillage ET en appuyant sur la base du chargeur... Un système éprouvé qui limite les "décrochages" et autres pertes de magasin dans les bois.
Côté moins, toujours pas d’organes de visée ouverte détachables chez Sako sur cette déclinaison qui tendait pourtant à se moderniser… ce qui peut frustrer en battue si l’optique tombe en panne ! La plateforme légère en 9,3x62 peut aussi devenir exigeante pour les tireurs sensibles au recul si l’arme est utilisée « nue » (sans modérateur/frein de bouche) et avec des chargements toniques ; c’est le revers logique d’un cahier des charges orienté mobilité.