La gamme Super-X de Winchester est vaste, les aficionados de la marque au Cow-Boy le savent bien ! La référence qui nous intéresse est chargée d’une balle Power-Point de 286 grains, soit 18,5 g, dans le vénérable calibre 9,3x62, conçu en 1905 par l’armurier allemand Otto Bock, qui est probablement toujours l’indétrônable roi des battues européennes. Le fabricant américain livre avec cette référence une configuration lourde, qui rassurera plus particulièrement les chasseurs de sangliers et de grands cervidés, particulièrement en battue.
L’ogive adopte une construction traditionnelle à noyau de plomb recouvert d’un chemisage. Sa pointe en plomb est exposée, c’est elle qui amorce l’expansion dès l’impact, tandis que la chemise présente des micro-incisions à son embouchure. Celles-ci guident l’ouverture de la balle en pétales. Un anneau de verrouillage mécanique participe aussi au maintien du noyau dans la chemise durant la déformation.
La Power-Point n’est donc ni une balle soudée, ni une monolithique. Sa vocation est différente : elle privilégie une expansion rapide et un transfert d’énergie important. C’est une solution cohérente pour les tirs de battue et d’affût à distance raisonnable, sur sanglier, cerf ou grands cervidés.
Une régularité des plus solides
Winchester annonce une vitesse initiale de 719 m/s et une énergie de 4 794 joules. En 9,3x62, la Power-Point ne cherche donc pas la vitesse d’une balle légère ultramoderne, mais associe une vitesse cohérente à une masse importante. À 100 m, elle conserve encore 3 932 J selon les données du fabricant.
| Distance | Vitesse | Énergie |
|---|---|---|
| 0 m | 719 m/s | 4 794 J |
| 100 m | 651 m/s | 3 932 J |
| 200 m | 587 m/s | 3 194 J |
| 300 m | 527 m/s | 2 575 J |
Un recul franc, à anticiper
Dans une carabine légère de battue, le départ est ferme et impose une bonne prise en main, ainsi qu’un entraînement régulier au stand. Sur une arme à verrou légère, il faut particulièrement soigner l’épaulement pour conserver une visée propre et enchaîner un second coup net si nécessaire.
La Power-Point de 286 grains s’adresse donc davantage à un chasseur qui assume le recul d’un vrai calibre de grand gibier qu’à celui qui recherche le confort maximal. En contrepartie, elle délivre une énergie considérable aux distances usuelles de chasse.
Sur le terrain
Nous avons testé un lot de munitions extrêmement régulier : 720 m/s de moyenne sur 10 tirs de réglage, mesures prises avec notre chronographe Garmin.
Avec un projectile de 18,5 g lancé à plus de 700 m/s, le recul est logiquement marqué, qui plus est lors d’un tir posé. Il reste toutefois dans la norme d’un 9,3x62 chargé en balle lourde, sans atteindre le caractère brutal d’un calibre magnum. De plus, la carabine utilisée lors de notre essai dépassait à peine les 3 kg.
En cible, à 50 mètres, la cartouche a été redoutablement précise. Sur notre première série, la balle de simbleautage arrive pile-poil en cible et après une paire de clics, les quatre autres projectiles se touchent tous : une fourmi à 50 mètres réalisée à l’aide d’un point rouge Aimpoint H2.
Idem, au sanglier courant où les 5 tirs effectués à 30 mètres tiendront très rapprochés les uns des autres ; un sans-faute pour cette munition donc.
Le recul est franc, certes, mais en action de chasse, la sensation s’estompe beaucoup plus rapidement qu’au stand. Du reste, la Power-Point de 286 grains apporte en échange une belle autorité sur tous les grands gibiers européens, particulièrement en battue. Une référence simple, efficace et toujours actuelle. Elle conviendra particulièrement aux chasseurs de sangliers et de cervidés qui privilégient les tirs courts et intermédiaires, en battue comme à l’affût.