Une collab’ originale
Le RXM est le fruit d’une collaboration inhabituelle entre deux sociétés américaines particulièrement connues dans leurs domaines respectifs. Ruger apporte son savoir-faire dans la conception et la fabrication des armes à feu, tandis que Magpul, dont le nom est généralement associé aux chargeurs, poignées et autres accessoires en polymère, s’est chargé d’une partie importante de l’ergonomie et de la carcasse.
Le résultat est un pistolet en 9 × 19 mm à percuteur lancé, doté d'une carcasse en polymère et d'un système de châssis désigné « Fire Control Insert » ou FCI.
Cette solution offre une grande liberté de développement. Le tireur peut à terme remplacer le module de poignée sans avoir à changer l’ensemble de son arme. Magpul a d’ailleurs commencé à proposer différentes solutions de poignées pour la plateforme RXM aux États-Unis et on espère que les carcasses arriveront bientôt en France.
Une ergonomie familière
Difficile de ne pas penser immédiatement au Glock 19 en découvrant le Ruger RXM.
Le gabarit est très proche de celui du célèbre pistolet autrichien et l’architecture générale est suffisamment similaire pour que la comparaison soit inévitable. Les dimensions de notre exemplaire sont d’environ 18 cm de longueur, avec un canon de l’ordre de 10 cm et un poids d'environ 650 g avec un chargeur vide inséré. Pour autant, Ruger n’a pas simplement reproduit le Glock 19.
La carcasse est différente, l’ergonomie a été retravaillée par Magpul et surtout, le système de châssis apporte une modularité qui n’existe pas sur un Glock Gen 3 classique.
La sensation du plastique de la poignée rappelle immédiatement les accessoires Magpul et ce n’est pas un hasard. Le matériau et la texture sont immédiatement reconnaissables pour ceux qui connaissent les productions de la marque. La surface offre une bonne accroche sans devenir excessivement agressive lors des manipulations.
Lors de notre essai, nous avons trouvé l’arme particulièrement confortable par rapport à un Glock 19 de cinquième génération. Cette ergonomie est un compromis destiné à convenir à un large éventail de tireurs, avec une texture suffisamment efficace pour contrôler le recul sans devenir inconfortable lors d’une utilisation prolongée.
À cela s’ajoutent des formes destinées à positionner naturellement la main et un repose-pouce qui participe au contrôle du pistolet.
Malheureusement, ce pistolet n’est pas vraiment ambidextre. On peut certes faire basculer le bouton d’éjection du chargeur d’un côté ou de l’autre, mais l’arrêtoir est uniquement présent sur le côté gauche de l’arme.
Sur le pas de tir
Une fois l’arme en main, on se rend compte des améliorations apportées par Ruger par rapport aux pistolets autrichiens, du moins jusqu’aux Glock Gen 6. La poignée est confortable, l’arcade de pontet est relativement fine et les stries de préhension sont profondes et permettent de bien manipuler la culasse.
On apprécie également les creux sur la carcasse pour poser le pouce de la main faible quand on tire à deux mains.
Les organes de visée sont métalliques et bien définis et permettent une bonne acquisition de cible. Cependant, ce RXM est surtout destiné à être utilisé avec un point rouge très facilement installable grâce à son système sans plaque adaptatrice.
La détente est très proche de celle d’un Glock Gen 3 bien rôdé. Le départ est assez filant, mais la course est souple. Ce n’est pas une détente exceptionnelle, mais elle n’est pas rédhibitoire, surtout que l’on peut l’améliorer facilement.
La sensation de tir est typique des armes de ce type, le pistolet lève peu grâce à sa faible ligne de visée et la fiabilité a été exemplaire tout au long de l’essai.
Pour finir…
Reste maintenant à voir jusqu’où cette plateforme pourra évoluer. Et c’est probablement là que se trouve la partie la plus intéressante de l’histoire du RXM : le pistolet que nous avons entre les mains aujourd’hui pourrait n’être que la première étape d’une famille beaucoup plus vaste.